INTERVIEW CROISEE

4 mars 2009 - 08:32

deux époques, deux présidents, des personnalités différentes et le même attachement au club et aux valeurs humaines... retrouvez ci-dessous l'interview croisée de Raoul Polloni et jean-Marc Curabet.

NOM PRENOM :

 

RP : Polloni Raoul

JMC : Curabet Jean-Marc

 

AGE :

 

RP : 75 ans (24/11/1933)

JMC : 49 ans

 

PARCOURS AU SEIN DE L’AVA :

RP :

-         joueur : de 1945 à 1958 et de 1970 à 1974 (3 ans dans un autre club)

-         dirigeant : de 1968 à 1974 et de 1986 à 1989

JMC :

-         joueur : de 18 ans jusqu’à nos jours

-         une vingtaine d’années

 

NOMBRE D’ANNEES DE PRESIDENCE :

RP : 3 ans (dont un mandat interrompu)

 

JMC : 5 ans et un mandat en cours

 

LE OU LES MEILLEURS SOUVENIRS :

 

RP : L’année où j’ai repris la compétition à 38 ans, après 13 ans d’arrêt et la première place de l’équipe 3 à la fin de cette saison. Je jouais alors avec mon fils Christian, René Boulard, Philippe Bard, Yves Robert….

1986, l’année durant laquelle j’ai été sollicité pour présider le club en remplacement de Marcel ustachon (malade puis décédé).

 

JMC : Comme beaucoup de gens de mon âge, évidemment, il est difficile d’en dégager un. Je dirai peut-être un match épique, alors que j’étais jeune et qu’on évoluait en DHR contre l’INF Vichy. L’entraîneur était Mike Bon et l’équipe composée de gars formidables, de vrais avéistes, fiers de porter le maillot rouge et blanc (Eric Mas, René Boulard, Yves Mezzacasa, Bobo Duvert, Daniel Da Roit, Pierrot Delpeux et Philippe Bard (malheureusement tout deux disparus) et d’autres qui m’excuseront de ne pas les citer. Ce match débute mal pour nous avec l’expulsion dès la première minute de Pierrot Bernardot contre des joueurs stagiaires pro avec des qualités énormes. Nous avons passé tout le match à défendre, dans notre camp et dans ce match héroïque, on encaisse qu’un seul but dans les arrêts de jeu. Je ne retiendrai que la solidarité énorme, l’esprit d’équipe et l’amour du maillot lequel ne m’a depuis plus quitté.

 

LE OU LES PIRES SOUVENIRS :

RP : 1989, l’année où j’ai dû faire le choix d’abandonner la présidence et la descente de l’équipe première d’Honneur Régionale en promotion.

 

JMC : Je ne m’étendrais pas trop, préférant retenir les bons. Je dirai peut-être la saison 2006-2007. J’étais président depuis deux ans et celle-ci a mal débuté avec un changement d’entraîneur, des mauvais résultats, une crise profonde à la trêve, une tension dure à gérer et le maintien assuré en PH lors des derniers matchs.

 

QUE REPRESENTE L’AVA POUR TOI :

 

RP :Mon club, c'est-à-dire une deuxième famille. Les souvenirs accumulés depuis l’adolescence, la jeunesse et l’âge mûr. Des moments exaltants, l’amitié l’amour du maillot, la fraternité de gens merveilleux, enthousiastes, efficaces et surtout désintéressés.

JMC : Je ne vais surprendre personne en disant que le club compte beaucoup pour moi. Peut-être même trop au dire de certains de mes proches et de ma famille. L’AVA et le foot sont devenus, compte tenu de mon métier, mes seuls et uniques loisirs. J’y consacre tout mon temps libre et même une partie de l’autre. L’AVA est aussi la cause de mes insomnies mais heureusement me procure d’immenses joies et des moments inoubliables.

 

DES JOUEURS QUI T’ONT MARQUE :

RP : Le « carré magique » des années 50 : Gonzalès, Casimir Biankowski, Guichard, Louis Zoccolan. Ricardo Frégonèse, avant centre de choc, Bruno Zoccolan (un grand capitaine). Plus près de nous : Philippe Bard, Lucien et René Boulard, Mike Bon et Fabrice Andrieux.

JMC : Beaucoup de bons joueurs sont passés et sont encore à l’AVA. Difficile de citer des noms. Les meilleurs étaient peut-être ceux de cette génération citée précédemment, peut-être pas tous avec leurs pieds mais sûrement avec leur qualités humaines, leur altruisme, leur gentillesse et l’amour du club. C’est « à cause » d’eux que je suis là aujourd’hui.

 

DES DIRIGEANTS QUI T’ONT MARQUE :

 

RP : D’abord Joseph Pelissero, véritable booster du club. Puis Seniquette, Marcel Ustachon, Pierre Poulignier, René Boulard… mais une quantité d’autres actifs, modestes, discrets mais présents et dévoués. Je n’en citerai qu’un mais représentatif de tous ceux-là : Mr Briday.

 

JMC : En premier lieu, tous les présidents que j’ai connus en commençant par l’emblématique et respecté Marcel Ustachon, puis l’érudit Raoul Polloni que je côtoie encore régulièrement. Ensuite Jean-Claude Pradon plus discret mais un bourreau de travail. Après, ce fut le tour de mon ami René Boulard. C’est lui qui m’a mis le pied à l’étrier en tant que dirigeant et que je respecte beaucoup pour l’immense travail qu’il a accompli. Ensuite, Christophe Da Costa qui a eu l’énorme charge de succéder à Néné et qui m’a confié le club en parfait état. Mais je dois rajouter aussi les dirigeants en place actuellement (je connais la difficulté de la tâche actuellement et les engagements nécessaires).

 

LES DIFFICULTES DE LA FONCTION :

 

RP : Il faut du temps, beaucoup de temps. Et de l’énergie, de la patience et du coton dans les oreilles ….

 

JMC : Il y a en premier lieu les relations humaines. La difficulté à apprécier le caractère de chacun et à en tirer la quintessence pour la mettre au service du club. Il y a aussi l’aspect financier avec l’obligation d’assumer chaque année un budget qui oscille entre 60 000 et 80 000 €, d’où un temps certain à passer avec les sponsors. La difficulté en résumé est  de faire en sorte que tout le monde travaille ensemble, que la machine soit bien huilée pour ne pas qu’elle s’enraye.

 

TES QUALITES / TES DEFAUTS (liés à la fonction) :

 

RP : Je ne sais pas si j’avais des qualités pour ce poste. Mais je connais mes défauts. Je suis trop volontariste, j’ai tendance à demander aux autres mais aussi à m’imposer à moi-même des charges de travail démesurées. J’ai aussi le défaut d’être ambitieux pour mon club mais les moyens ne suivent pas et j’en suis frustré.

JMC : Difficile à dire… mes qualités, je ne sais pas si elles sont énormes, disons que j’aime le contact humain. Quant aux défauts, ils sont nombreux. Je pense être parfois prétentieux, colérique, j’ai tendance à m’emporter. J’aime aussi commander et suis parfois moqueur, avec un humour souvent décalé qui m’a porté quelques fois préjudice. Mais c’est jamais méchant.

 

LES EVOLUTIONS DU POSTE D’HIER A AUJOURD’HUI ?

RP : Avant (au tout début), c’était un poste prestigieux et, si le Président avait de la personnalité, il disposait d’un capital de respect et de considération qui lui permettait facilement d’imposer sa marque. Ensuite la fonction s’est modifiée, peu à peu, comme les mœurs. Aujourd’hui, le rôle d’un président est toujours de premier plan mais il faut souvent savoir « avaler des couleuvres ».

JMC : Je n’ai pas forcément connu le poste hier si ce n’est de l’extérieur. Je pense que la jeune génération est plus difficile à gérer qu’il y a 20 ans. Moins passionnée globalement par le foot et le club. Elle se disperse surtout beaucoup plus, attirée par des activités annexes.

Les effectifs augmentant aussi depuis quelques années, il faut aussi assurer l’extra-sportif et tenter de faire rentrer plus d’argent. Par rapport à hier, il y a aussi le problème de la violence sur et en dehors du stade ; bien que peu concernés, il faut rester vigilants. Le football et ses instances sont aussi beaucoup plus procéduriers (réserves, comparutions, plaintes…) tout ça se multiplie.

 

ET DEMAIN, COMMENT VOIS TU L’ORGANIGRAMME ?

 

RP : Je pense qu’il y a actuellement une excellente équipe, dynamique, active, performante sous la houlette d’un TRES BON président. A mon avis, il faut que d’autres jeunes viennent densifier le groupe mais il faut aussi que des anciens restent au plus près pour apporter leur expérience, leurs conseils et leur sagesse.

JMC : L’organigramme va forcément évoluer, nul n’est éternel et il faut des têtes nouvelles dans l’encadrement du club. Tout le monde connaît ma citation préférée : « les cimetières sont remplis de gens irremplaçables ! ». Je n’ai pas pris encore de décision pour l’année prochaine mais je suis un peu usé mentalement. L’encadrement des équipes a été énormément renouvelé et rajeuni depuis quelques années, il en sera sûrement de même à la tête du club. C’est ce qui fait la richesse de ce club, le renouvellement permanent.

 

L’AVA, UN ILOT D’IRREDUCTIBLES OU L’OBLIGATION DE S’OUVRIR ?

 RP : Les deux ! Il faut un noyau dur, convaincu, avéiste dans l’âme. Mais il faut élargir un maximum pour ne pas encourir la sclérose et le découragement. L’esprit de clocher a du bon mais il ne faut pas qu’il soit synonyme de repli. Après tout, le sigle du club n’en est-il pas l’illustration et la composition du comité directeur l’éclatante démonstration ?

JMC : Je dirai les deux. Je pense qu’on doit garder une identité, des valeurs et la passion qui caractérise les vrais avéistes mais il faudra inévitablement un jour s’ouvrir. Peut-être envisager un jour des rapprochements en jeunes. La concurrence est rude au niveau des écoles de foot et les jeunes de plus en plus attirés par d’autres sports.

 

POUR FINIR, UNE ANECDOTE CROUSTILLANTE :

 

RP : A la reprise de l’activité, à la fin de la deuxième guerre mondiale, le Club (ATV) possédait un redoutable ailier gauche : Dawo Dornick. Au cours d’un match, il se trouve exceptionnellement en position d’ailier droit et dans une situation de duel avec le gardien. Ses coéquipiers et le public (nombreux à l’époque) lui crient :  « Tire mais tire bon Dieu ! ». Mais il continue d’avancer et se fait prendre le ballon par le gardien. Aux reproches qui lui sont adressés, Dawo, tout déconfit, répond simplement : « qu’est-ce que vous voulez les gars, je ne suis pas de main de ce pied là ! ».

 

JMC : Elle concerne encore ce fameux match contre l’INF où nous avions perdu 1 – 0 dans les dernières minutes sans avoir eu une seule occasion en notre faveur. Au retour, nous étions tous réunis au bar à Vergongheon pour refaire le match et partager le verre de l’amitié. A l’époque, le regretté Tony Frégonèse s’occupait aussi de l’équipe et possédait un chauvinisme sans borne. Il déclare alors, sans hésitation ni trémolo dans la voix : « Je comprends pas ! On les a bouffé tout le match et on perd 1 – 0. Ce match on devait le gagner ! » et tout le monde au bar était évidemment « mort de rire ».

En définitive, sachez que je suis très fier d’être le président de ce club qui m’apporte énormément de joies et de nos moments. Vive le foot et vive l’AVA !

Commentaires

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AVA 1 / FC2A CANTAL AUVERGNE 26 minutes
AVA 1 / FC2A CANTAL AUVERGNE : résumé du match 26 minutes
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AVA 1 / FC2A CANTAL AUVERGNE environ 2 heures
AVA 1 / FC2A CANTAL AUVERGNE : résumé du match environ 2 heures
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