"NENE" BOULARD : L'AVA CHEVILLEE AU COEUR ET AU CORPS

12 mai 2009 - 09:32

ETAT CIVIL : René BOULARD 58 ans

TON PARCOURS SPORTIF :

Entièrement accompli à l’AVA. J’ai débuté à 15 ans, à l’époque l’école de foot n’existait pas. De plus petite taille, il était de coutume que j’évolue devant. Puis j’ai débarqué en senior et, la première année, on était tout un groupe à ne vouloir évoluer qu’en équipe 3 avec Raoul Poloni comme responsable. C’était une équipe « folklore » avec Pitoune, Mégot, Agostino, Joël Granet. Ce dernier, quand il rentrait, il prenait l’arbitre en mains et lui faisait danser le rock sur la pelouse. Puis en 1973, j’ai décidé de jouer plus sérieusement. La chance c’est que l’équipe une remontait en ligue sous la houlette de François Sacher. Il y avait alors un sacré groupe (Tinette, Robert Blanchet, Jojo Chassin, Mic Bon, Daniel Da Roit). Marc m’avait placé en libéro et je jouais avec Daniel dans l’axe et les «transalpins » Mezzacazza en lattéraux. En 1974, refonte des poules, obligés de terminer dans les 6 premiers pour se maintenir. On monte alors en DHR. François Sacher vient alors de Brassac pour coacher, emmenant avec lui quelques joueurs. Ca a été la zizanie et on est redescendu en PH. Mic Bon a alors pris du service et on est remonté en DHR. Avec Daniel on était alors les plus anciens. Les entraînements étaient solides et déjà une autre équipe se dessinait, celle de la génération d’après (les Baubel, Jean Marc Poulignier..). J’ai commencé alors à délaisser ma place de joueur, je suis allé suivre tous les stages à Vichy pour me former et passé les diplômes jusqu’au Brevet d’Etat. J’ai pris ensuite l’équipe une et on est remonté en DH avec la génération des Bard, Poquet, Poulignier, Da Costa, Lhéritier…). Puis Marc Culetto m’a ensuite remplacé. J’ai continué à évoluer avec toutes les équipes jusqu’à 52 ans.

TON PARCOURS DIRIGEANT :

En 1980, j’ai débuté d’entraîner l’école de foot. Lionel débutait aussi, je l’ai suivi jusqu’en minimes. Je me souviens de la Coupe de Noël que le district organisait chaque année au Puy. Les deux premières éditions, on mettait des « pilules » à tout le monde. Puis j’ai pris les juniors avec Christophe Da Costa et Dédé Vedel avec un match épique contre Vézézoux à l’époque où on les prive de montée le dernier match à la dernière minute (but de Fabrice Da Roit). C’est à ce moment là qu’on a attaqué les voyages de fin de saison (dont un épique à Marseille). J’ai ré entraîné la première en 91-92 à la suite de Marc puis j’ai pris la présidence. Je succédais à Jean-Claude Pradon qui faisait beaucoup de choses seul à l’époque. J’ai nommé deux vice-présidents Jeannot FLory et Naf) puis deux autres ensuite (Bernard Pradon et Jean-Marc Poulignier). J’ai eu l’idée d'aller "chercher Raoul comme Président d'honneur. C'est lui qui a eu l'idée de créer un comité d'honneur dont seraient membres de droit tout ancien président.  On a toujours besoin des autres. Côté sportif, on a mis en place des triplettes qui tournaient sur les groupes. C’est devenu des quadriplettes après. C’est à cette époque aussi qu’on a lancé les animations par catégorie, chaque groupe organisant une manifestation. C’était le meilleur moyen de mobiliser tout le monde. La 3ème mi-temps s’est aussi instaurée ensuite, il y avait tellement de monde qu’on était obligé de terminer à la salle des fêtes. Enfin, les manifestations du type Noël etc…. Bébert Gires était aux commandes mais il mobilisait tout le monde (parents, accompagnateurs) et le tournoi des jeunes qui est la fête du club. C’est pourquoi on a souhaité que l’arbitrage se fasse par les catégories jeunes. C’est Robert Ribeyre qui s’y était collé au départ mais tout le monde s’impliquait. Je suis resté président jusqu’en 2001 puis Christophe Da Costa m’a succédé. Je suis resté ensuite au comité directeur et ai continué à accompagner les groupes 1 et 2 avec Did, Ted ou Marc.

DES BONS SOUVENIRS :

Enormément évidemment. Les meilleurs souvenirs sont les années où on montait. Y’avait des groupes extraordinaires avec un très bon état d’esprit, de la solidarité et extrêmement motivés. Ce sont assurément les deux meilleurs groupes des 40 dernières années. C’était 11 ou 13 joueurs qui s’entendaient et qui jouaient. « le foot n’a pas changé, c’est ceux qui en parlent qui ont changé ». Puis il y avait une super équipe dirigeante. Ce club a des structures saines, c’est sa force et c’est l’image qu’il donne à l’extérieur.

DES MAUVAIS SOUVENIRS :

Aucun. Vraiment aucun. J’ai passé que des bons moments à l’AVA. Je me souviens des entraînements de l’époque. Que du jeu mais du jeu à 200 %. Ca ne rigolait et ça mettait de l’engagement. Daniel, quand il rentrait sur le terrain, il allumait tout le monde. Ca forgeait le mental, ça impulsait l’engagement et l’implication. Ta titularisation, tu la gagnais dans ces moments.

DES JOUEURS QUI T’ONT MARQUE :

Je reste sur mon idée des deux groupes avec lesquels on est monté en honneur à chaque fois. Pour le premier groupe : Robert « Bœuf » Blanchet et ses crochets magiques, Daniel Da Roit, les « transalpins » Jean Louis et Yves Mezzacazza. C’était « Tinette » Jury qui disait : « avec ces p… de transalpins derrière, heureusement que j’ai le « nègre » ».

DES DIRIGEANTS QUI T’ONT MARQUE :

J’en retiens un en particulier : le « caudi » Marcel Ustachon. On l’avait surnommé le Caudi. Ca venait de Caudillo « Franco », on avait entendu qu’il était le « chef » à l’époque en Espagne, c’est resté ensuite. A l’époque, on faisait les réunions du comité directeur tous les vendredi soirs à l’ancienne mairie. C’est là qu’on décidait des groupes pour le dimanche.

UNE OU DES ANECDOTES CROUSTILLANTES :

Ce fameux voyage à Marseille. Première fois qu’on se rendait à la Colo. Olt, personne ne le connaissait vraiment. On était parti en car et lui nous attendait au Marcet. Il s’était déguisé en Rocky avec une cape et des gants de boxe. Il attendait sur le bord de la route et, dès qu’il y avait des phares, il sautait devant. Mais, c’est qu’au bout de cinq, six voitures qu’on est arrivé. Après, à Marseille, à la fin d'un repas, il avait planté une fourchette dans un paquet de cigarette et il faisait semblant de s’en servir pour appeler Dif « allo colonel ? ». Dif avait fait pareil et il répondait « allo colonel, ici corbeau ». Puis ils ont mimé tous les deux une préparation d’un combat de boxe. Ils s’étaient mis des quarts d’orange dans la bouche, des serviettes sur les points, Mimoune se servaient d’une casserole pour faire le gong, nous on préparait les coins du ring. Un énorme moment !

Une autre anecdote. Je me suis marié un samedi et le tirage de la Coupe de France nous fait tomber contre La Combelle. J’ai pas pu faire autrement, je suis allé jouer le lendemain de mon mariage et on gagne 3 – 2 ce jour là.

Dernière anecdote sportive, celle-là. Une année, derby contre la Combelle au Pelissero. On s’incline 1 – 0. Jean Marc avait raté un pénalty. Daniel Da Roit l’avait mal pris et disait tout le temps : « un pénalty ça se manque pas ! ». Match retour, on accrochait le nul 1 – 1 à la 85ème quand on obtient un pénalty. Daniel prend ce ballon, le place, tire une énorme cacahouète … sur la barre. Contre attaque des combellois…. Et but ! Toute l’année, il nous avait bassiné avec ça.

L’EVOLUTION DU FOOTBALL EN GENERAL :

Pour moi le foot n’a pas changé. Comme je le dis, ce sont ceux qui en parlent qui ont changé. Les règles sont les mêmes. Ce qui fait la différence c’est le mental, l’abnégation, l’envie de se défoncer pour son club et ses camarades. Je constate par ailleurs que les gamins attaquent très (trop) tôt le football. Deux entraînements par semaine, plus le match et, pour certains, des entraînements de plus en section sportive. Je m’interroge parfois sur le fait que ça fait sûrement trop. Certains gamins sont blasés rapidement. Le foot ça reste un jeu simple et populaire. Faut pas le compliquer. L’intelligence de jeu n’équivaut pas à l’intelligence « intellectuelle ». Quand j’entends « on a bien bossé à l’entraînement » je ne veux pas jouer sur les mots, faire de la sémantique mais on ne « bosse » pas à l’entraînement, on se défoule, on prend du plaisir mais ce n’est pas un travail, pas à notre niveau.

L’AVA AUJOURD’HUI :

Aujourd’hui, comme hier, on est un bon club de ligue. On a une très bonne image en tant que club formateur, une équipe dans chaque catégorie, énormément de dirigeants. Tous les jeunes qui évoluent en seniors et en première sont quasiment tous passés par l’école de foot du club. On ne peut être qu’optimistes. C’est pourquoi je recommande de la prudence sur les projets qu’on pourrait être amenés à lancer concernant des ententes. Nous avons notre identité mais, au-delà de ça, nous avons nos qualités. Il ne faut pas le galvauder. C’est notre force, conservons là.

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