GINO BERNARDI, ON VOUS PARLE D'UN TEMPS...

16 septembre 2009 - 08:00

... que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaître. Retrouvez son interview !

Gino Bernardi, un nom qui résonne encore dans les esprits des plus anciens avéistes. Une époque où le club n’était formé que de deux équipes seniors, où il n’avait pas encore pris le nom d’Arvant-Vergongheon Association. En ce temps là, l’immédiat après guerre, certains déplacements se faisaient à vélo (jusqu’à Coudes, précise-t-il et, qui plus est à deux sur le vélo avec les équipements dans le sac à dos) ou dans des camionnettes prêtées par la mine. Gino, accompagné de sa « dame » livre là ses souvenirs d’une époque certes révolue mais qui posa les fondations de ce qui devait devenir le grand club d’aujourd’hui.

ETAT CIVIL : BERNARDI Gino. 84 ans.

PARCOURS SPORTIF :

Mes parents étaient originaires d’Italie du Nord, du Comté de Trévise plus précisément. Moi, je suis né au Château de Bergoide, cette demeure bourgeoise aujourd’hui disparue mais qui hébergeait alors les familles d’immigrés venus travailler sous terre. On était nombreux comme jeunes à Bergoide et le père Joachin, alors instituteur et dirigeant, avait entrepris de nous amener jouer à Arvant qui possédait un club à l’époque. Je parle des années 1935, 36. On était tous à Arvant sauf Bruno Zoccolan qui lui avait décidé de rester à Vergongheon dont le club était alors l’USV. Puis, comme on était nombreux originaires de Bergoide, on a décidé de monter une équipe entre nous. Enfin, on a rejoint les rangs de l’ATV (association des travailleurs vergongheonnais). Affiliée à la FSGT et non à la FFF, on avait des difficultés pour jouer, il y avait peu de matchs et en plus on ne nous prêtait pas trop le terrain communal. Il y avait Dessimond, Sanpietri, Izambar comme responsables. Le siège était au bistrot qu’il y avait alors à la Métairie blanche.  C’était une forme de championnat corporation, on gagnait partout, le plus gros choc étant contre Clermont. Dans la foulée a été créée l’AMV (Association des Mineurs Vergongheonnais), Antonin Michel en était le président mais Eugène Seniquette et surtout Joseph Pelissero étaient déjà présents. On est alors dans l’immédiat après guerre. Ils posaient déjà les bases de ce qui allait devenir l’AVA. J’ai joué au sein de toutes ces formations jusqu’en 1958 où mes genoux ne m’ont plus permis de pratiquer. J’évoluais au départ comme avant centre puis plus tard j’ai reculé pour prendre la position de demi-centre (milieu de couloir).

DES BONS SOUVENIRS :

A l’époque Vergongheon, on n’était pas grand-chose. Mais en 1947-48, on termine champions de Haute-Loire. A l’époque, il y avait des phases finales régionales des clubs champions de district. On était allé disputer notre première rencontre de champions dans l’Allier à Noyant. Comme terrain, on a évolué sur un remblai (pas d’herbe, un champ de patates). On avait fait le déplacement en car. On avait dans l’équipe Ricardo Frégonèse, mon frère Roger, Fredo Cocciancig. On a gagné 5 – 1 ce match et ça c’est terminé par une énorme fête sur le retour.

DES MAUVAIS SOUVENIRS :

Un match à la Combelle. On jouait la suprématie du Bassin cette année-là. On est parti la fleur au fusil persuadé qu’on allait gagner. En fin de compte, on a pris une déculottée, Germano est allé chercher neuf fois le ballon dans les filets. Ils étaient vraiment au dessus et on avait eu peur d’eux. Ca fiche un coup parce qu’à l’époque ça jouait pour les clochers et que beaucoup de monde l’attendait ce match.

DES JOUEURS QUI T’ONT MARQUE :

Dans notre génération, je pense qu’on était tous de niveau identique. IL n’y en avait pas un qui ressortait du lot. J’insisterai quand même sur Gonzalès (entraîneur joueur) qui venait du Stade Clermontois et qui avait été professionnel. Puis dans les générations d’après, Ricardo, mon frère Roger et Louis Zoccolan (qui avait débuté d’ailleurs à Noyant). Puis encore après, je citerai Toni Mezzacasa. « Madame » intervient alors et dit : « nous, les femmes, on les suivait tout le temps. C’était notre sortie et moi j’aimais voir jouer les frères Pecek. Ils avaient un beau jeu de passe et c’était dur de leur prendre le ballon ».

DES DIRIGEANTS QUI T’ONT MARQUE :

J’en retiens deux particulièrement : Joseph Pelissero et Eugène Seniquette (président et secrétaire). Ils étaient dévoués (« justes » précise Madame !). Ils encourageaient tout le temps, soutenaient les joueurs. Ils se passaient aussi de bonnes « engueulades » tous les deux mais au final, ils défendaient Vergongheon avec un esprit chauvin.

Puis après, même si je l’ai moins connu, Marcel Ustachon qui a fait beaucoup et était très présent.

UNE ANECDOTE, UN SOUVENIR :

J’ai pas forcément de souvenir précis, on parle quand même d’il y a 60 ans mais je me souviens vraiment des déplacements qu’on faisait dans ces camions prêtés par la mine. Même en hiver, ils étaient juste bâchés, fallait être solide pour ne pas attraper froid. On était assis sur des bancs derrière, à chaque virage ça tanguait. Nos femmes nous suivaient et avant et après le match, on chantait. On chantait dans toutes les langues (Italien, Yougoslaves, français..). Les plus jeunes, c’étaient des meneurs comme mon frère ou Péron. C’était une ambiance formidable et il y avait une vraie amitié entre nous.

L’AVA C’EST QUOI POUR TOI :

Comme beaucoup, je pourrais employer le terme de seconde famille. Qui plus est parce qu’on était un certain nombre issu de Bergoide (6, 8 joueurs sur 11). Après l’entraînement ou après les matchs, on se retrouvait TOUS (pas un ne manquait) à la Cantine à Bergoide. On était amis, soudés. Madame intervient : « en effet, moi qui venait d’un autre « pays », j’ai été surprise par cet état d’esprit, par ce sentiment d’appartenance et de sérieux ».

On reprend alors les photos d’époque : 1944-45 : Sur cette photo, ils sont nombreux à avoir disparu. Si je regarde bien, il y a encore Casimir Bienkowski… et moi.  Quelques uns ont quitté la région et  je sais pas s’ils sont encore en vie. L’œil rougeoie alors....

…Et aujourd’hui alors, qu’est ce qu’elle devient cette équipe première ?les questions fusent tout comme les interrogations. Je ne vais aux matchs mais je reste un fervent supporter. Tous les dimanches, je cherche à savoir le résultat. Je suis avéiste encore. Ca me tient à cœur ce club et quand je vois un résultat négatif…

ESPRIT DE CLOCHER, QUAND TU NOUS TIENS !!!

Commentaires

Staff
S CHALIER
S CHALIER 17 septembre 2009 08:54

C'était très sympathique en effet. On aurait pu discuter longtemps. Tous les deux, ils en ont des souvenirs. J'apprécie énormément écouter nos "anciens" parce qu'ils avaient une autre culture de la pratique du football... C'était un jeu avant tout dans lequel se glissait une petite part de chauvinisme et de défense du clocher. un amateurisme total doublé de conditions de pratique du football bien loin de ce qu'on a aujourd'hui mais qui, bien souvent, ne suffisent pas de nos jours. A méditer !

burnet 17 septembre 2009 07:42

je confirme pour le 1er janvier!!!!!

philippe martin 16 septembre 2009 20:19

Superbe interview Chals de Tonton Gino ( dit Giresse pour les cousins de Bergoide ) . Il a vraiment du etre heureux de parler foot et surtout de l'AVA . Chaque 1er janvier quand on y va tous lui souhaité la bonne annnée ( surtout y boire tout son ricard ) je peux te dire que les souvenirs fusent . Merci Chals pour cet article vraiment prenant . Il a du etre très ému le connaissant ?!

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