"LULU" BOULARD, PRESQUE UN DEMI SIECLE DE FOOTBALL

18 septembre 2009 - 08:00

On reconnaît Lucien (plus communément appelé Lulu) à ses caractéristiques principales : son sourire permanent, sa bonne humeur, sa gentillesse naturelle et… son élocution rapide. Pour sûr qu’il en débite des souvenirs et des anecdotes ! Un vrai moulin à parole tant il est vrai que, du haut de ses 46 licences consécutives, sa fidélité à l’AVA lui a permis d’être un acteur permanent du club. Retrouvez son interview.

ETAT CIVIL : Lucien BOULARD – 65 ans

 

TON PARCOURS SPORTIF :

Paradoxalement, j’ai signé ma première licence à 19 ans. Mon père ne souhaitait pas trop nous voir jouer au football. On le pratiquait pourtant, dans les champs, avec les copains. C’est Ricardo Frégonèse qui m’a « remarqué » et qui est allé chez mes parents pour les décider. J’ai donc débuté directement en seniors, en équipe réserve qui évoluait alors en 2ème division. Jean Kumer en était le responsable. On jouait alors dans le fameux système du WM (célèbre système d’avant guerre) et j’étais soit milieu de terrain, soit plus tard en première, latéral ou en défense centrale. J’ai même joué gardien quand il fallait suppléer à l’absence de certains (contre Moulins et Brioude notamment).

Pour revenir sur cette équipe réserve, cette année on termine champions de Haute-Loire en battant en finale Bas en Basset. J’évoluais alors aux côtés de Simon et Raymond Narce, Marcel Cocciancig dans les buts.

Puis deux ans après, j’ai débuté en première en promotion d’honneur. Saison 67-68, on se paie même le luxe d’accéder en Honneur, plus haut niveau régional. C’était l’élite du foot auvergnat (Brassac et la Combelle pour des derbys endiablés, Le Puy, l’ASM, Aurillac…). J’ai évolué près de 20 ans dans ces équipes mais j’ai poursuivi ensuite en équipe 3 et 4, jusqu’à une cinquantaine d’années. Il m’arrivait de monter au stade simplement pour venir voir les matchs mais aussitôt on me demandait de prendre un maillot.

 

TON PARCOURS DIRIGEANT :

Quand je jouais, le club n’était pas aussi structuré qu’aujourd’hui. Il n’y avait que deux, trois personnes qui s’occupaient des choses administratives. De ce fait, nous, joueurs, on était naturellement présents pour gérer les animations et les manifestations. Sans être impliqués officiellement, on y passait quand même beaucoup de temps. Puis l’école de foot a été créée, j’ai naturellement pris la charge de certaines équipes (débutants, poussins, benjamins), jamais des seniors. J’étais alors avec Alain Ginhac et Ricardo Frégonèse. Je suis rentré ensuite de manière plus officielle au comité directeur qui s’est mis petit à petit en place. Aujourd’hui, j’ai pris un peu de recul mais je m’occupe du lavage des maillots et des trousses à pharmacie et surtout j’essaie d’être présent pour les grosses manifestations (tournoi, loto…).

 

DES BONS SOUVENIRS :

Durant la saison 65-66, on atteint le 5ème tour de la Coupe de France. Le tirage nous donne donc l’opportunité d’aller affronter Mazamet qui évoluait alors en CFA (3ème division). Nous sommes partis le samedi matin et avons dormi à l’hôtel, comme des pros. Le dimanche, on s’est comporté comme des morts de faim, on a tenu jusqu’à la 70ème minute et c’est moi qui « craque » le premier en offrant un pénalty (score final 3 – 0). Un vrai match de coupe.

Sinon, je retiens l’année de la montée en honneur 1967. On était en duel avec Arpajon jusqu'au dernier match. On se déplace à Vic sur Cère où on remporte aisément la rencontre (7-1). En revanche, Arpajon se déplaçait à Brioude et, comme on ne s’appréciait pas trop avec les brivadois, on pensait qu’on allait être floués. Mais, au final, Brioude gagne et on obtient le droit de monter. Je me souviens que Marcel Ustachon était parti dans un bistrot de Vic pour savoir le score, il était revenu vers nous avec le sourire et en ouvrant les bras…André Bardy, qui était resté sur place, avait pris sa voiture et le chemin du Cantal pour nous retrouver sur la route et nous amener la nouvelle.

L’année d’après, en honneur et, malgré la descente, je retiendrai aussi la belle saison qu’on avait fait. On descend certes, mais sans avoir été ridicules et surtout avec peu de points de retard.

Puis surtout, j’ai souvenir des derbys avec Brassac, la Combelle et Brioude. Contre eux, c’était engagé. La presse qui était plutôt brivadoise était partisane et nous, nous n’apprécions pas beaucoup. Autant la Combelle est notre bête noire que je n’ai pas souvenir d’avoir perdu contre Brioude.

 

UN MAUVAIS SOUVENIRS :

Pas forcément de déception collective. Comme je l’ai dit, on est descendu d’honneur avec les « honneurs ». Je retiens simplement un match en particulier à Brioude. J’étais alors dirigeant, je n’aurais pas dû le jouer ce match. Pourtant je suis aligné sur la feuille de match. Sur un corner, un joueur me met un coup de coude non intentionnel dans l’œil. J’ai poursuivi le match mais à la fin dans les vestiaires, ça c’est mis à gonfler et j’ai terminé aux urgences. Pas de séquelle mais c’était impressionnant.

 

DES JOUEURS QUI T’ONT MARQUE :

En premier lieu Louis « gigi » Zoccolan. Pour avoir évolué à ses côtés, je peux dire que c’était une personnalité. Il était craint sur tous les terrains d’Auvergne. Quand il montait sur les corners, il fallait s’enlever. Il était « gueulard » aussi, un peu trop peut-être mais il savait se faire respecter. Puis Tonio Gialorenzo, un sacré joueur originaire de Frugères. Il est parti ensuite à Brassac en CFA. Il y avait aussi Marcel Cocciancig. Jeune, il avait été sélectionné Cadet Auvergne. Il était très bon mais quand il voulait en faire. C’était un caractère fort, une « tête de chien ». Souvent, il était en opposition avec l’entraîneur, alors il n’arrêtait plus rien, laissait passer les buts. Mais, au final, c’était un très bon gardien. Et enfin, trois autres, Ricardo Frégonèse (entraîneur joueur), Tony Mezzacasa (disparu bien trop trop) et surtout Dominique « coco »Aluisi, un buteur d’anthologie. En réserve, à mes débuts, il avait inscrit plus de 100 buts dans une saison.

 

DES DIRIGEANTS QUI T’ONT MARQUE :

L’un d’eux me vient en tête : Marcel Ustachon. Il était président, secrétaire, souvent arbitre de touche en déplacement. Une époque où c’était loin d’être structuré comme aujourd’hui. Il n’y avait donc pas beaucoup de dirigeants et tout s’articulait autour de la triplette Ustachon, Bardy, Briday. C’est pourquoi nous, joueurs, on était aussi impliqués.

 

DES ANECDOTES CROUSTILLANTES :

Un dimanche où il n’y avait pas de rencontre prévue pour notre équipe. Avec mon beau-frère on décide d’aller à la pêche dans le Doulon. Arrivés à hauteur de Domeyrat, on se rend compte que l’équipe 4 d’Alain Neuville jouait. On s’arrête. Alain m’attrape de suite, me dit qu’ils ne sont que 9 et me prête des vêtements de foot. J’ai joué tout le match. Très souvent, comme je l’ai dit, j’ai fait le « 11ème homme ».

Sinon, un match à Murat dans le Cantal. Bagarre générale sur laquelle Gigi n’était pas encore étranger. Ca avait sacrément dégénéré et les dirigeants locaux avaient fait appel à la maréchaussée. Quand ils sont arrivés, le père Denoce avait sorti le mercurochrome et en avait mis partout sur la figure de Gigi et il criait : « regardez comme ils l’ont arrangé ». Folklorique !!

 

L’AVA C’EST QUOI POUR TOI :

Pour moi, comme pour beaucoup, l’AVA s’apparente à une famille. J’y suis venu tard mais je n’en suis jamais parti. Dès que j’ai l’occasion, je vais voir les matchs au Pelissero. Et, quand je vois l’évolution du club, l’équipe dirigeante actuelle, l’engagement des bénévoles, je dis simplement CHAPEAU ! C’est un club bien structuré et surtout les jeunes n’hésitent pas à s’engager. Fier d’y avoir contribué mais fier aussi de ce que les suivants ont apporté.

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